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Slasher contemplatif : quand l’horreur prend son temps.

Illustration noir et blanc d’une coureuse dans un sentier forestier avec une silhouette menaçante dissimulée entre les arbres.

« Horror is about seeing the truth that we try to ignore. »
– Jordan Peele (Get out, Us, Nope)

 

Je courais dans les sentiers.
Un de ces matins tranquilles où la lumière filtre doucement à travers les arbres, où la forêt sent encore la terre humide, où même les oiseaux semblent de bonne humeur.
De la grande poésie.

Évidemment, comme ça arrive souvent, mon esprit a fait sa job :
imaginer des trucs épeurants.

« OK. Si un slasher me poursuivait là, maintenant… est-ce que je pourrais survivre? »

Pas un tueur hystérique là. Non, non.
Un slasher classique. Le genre qui ne court jamais, mais qui est toujours là quand tu te retournes.

Exactement comme dans In a Violent Nature, un film d’horreur canadien indépendant. MARQUANT.
J’te jure, faut que tu vois ça.
L’idée?

 

Suivre le tueur.

Pas la victime.
Juste… le tueur.
Il marche. Lentement. Longtemps. Il traverse la forêt. TOUTE la forêt. C’est long.
Pis parfois ben, il tue. Brutalement.

Aucune musique stressante. Pas de cris, pas d’effet.
Juste le bruit de ses pas sur les feuilles mortes.
Et surtout, la nature qui reste… parfaitement indifférente.

Fait qu’en courant, j’ai eu une drôle de sensation.

Je me suis dit (je me parle beaucoup 😅) :

« Même si je me faisais rattraper. Même si je criais ben ben fort tombée sous les coups d’une hache ou d’une pelle (tous les bons classiques)…
la forêt, elle, continuerait à chanter. »

Les oiseaux ne s’arrêteraient pas de jaser.
Le vent continuerait de souffler dans les feuilles.
Le soleil percerait encore entre les branches.

C’est là que ça m’a vraiment frappée.
Ma fin n’allait avoir aucune foutue importance.
Que la beauté du monde, elle, elle ne s’interrompait jamais.
Même quand c’est gore.

Un contraste, complètement absurde, entre la terreur humaine…
et la grandiose indifférence du monde autour.

 

Ça m’a rappelé tous les grands classiques du genre.

Halloween, Vendredi 13, The Burning, My Bloody Valentine.
Toujours le même archétype :
Le tueur qui ne court pas.
Qui ne panique pas.
Il avance sans bruit.
Même quand il respire, c’est calme. Régulier.
Comme une mort… qui prend son temps.

Ça me fait peur.
C’est comme un truc que je fais semblant d’oublier.
Tsé l’idée que peu importe ce qu’on fait, la fin va finir par nous rejoindre.
Peut-être pas dans les bois, avec une pelle. Mais quand même.

Peut-être qu’au fond, on court pour pas voir?
Pour pas voir ce qui marche derrière nous.
Pas voir que la vie continue.
Sans nous.
Pas voir qu’on est petit, temporaire, remplaçable…
pis en même temps tellement vivant.

 

Ce matin-là, j’ai pas battu de record.

Mais j’ai couru avec la mort.
Avec le silence. Celui qui s’entend.
Et avec les oiseaux aussi, qui s’en foutaient royalement.

Le pire c’est que c’était étrangement… beau.
Même si je connaissais la scène finale, le bain de sang :

J’ai pas fui.
Je suis restée.
J’ai regardé.

Parce qu’on le sait : c’est toujours après le générique que le tueur revient.

 

Pour aller plus loin.

  • In a Violent Nature (2024) – Slasher contemplatif canadien réalisé par Chris Nash.
  • Halloween, Vendredi 13, The Burning, My Bloody Valentine – grands classiques du slasher.
  • Citation de Jordan Peele : « Horror is about seeing the truth that we try to ignore. »

Et toujours… un œil derrière soi, même après le générique.

 

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Féminin par défaut, cœur ouvert par principe.
Parce que mon audience est majoritairement féminine, c’est mon choix de clarté et de proximité avec mon lectorat. L’invitation reste universelle — même si tu ne t’appelles pas Ginette. La porte est grande ouverte. Entre. 💛

Passionnée des relations humaines, obsédée par les récits et assez franche merci, je décortique les histoires — contes, films, mythes, culture pop — pour mieux comprendre comment on se parle… et comment on se plante.
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