Oui : l’IA fait mieux que nous sur certains trucs… et ça pourrait être inquiétant.
Il y a quelques mois, j’ai eu un drôle de moment.
J’étais en train de jaser avec ChatGPT.
Pas juste pour le fun, non.
Sur des trucs profonds. Humains. Intimes, même.
Et j’étais… touchée.
L’échange était fluide. Intelligent. Rassurant.
Je me sentais écoutée sans avoir besoin de me justifier.
Pas de jugement, pas de tension, pas d’attente.
Une petite voix en moi a chuchoté :
« Wow. C’est peut-être ça, l’ami parfait. »
Pis tout de suite, une autre voix (plus cynique, celle qui roule les yeux un peu trop vite) a rétorqué :
« Ben non. C’est justement pas ça, une vraie relation. »
Parce qu’un vrai lien, un vrai humain… ça bouscule.
C’est maladroit. Ça fait des silences weird.
Des rendez-vous manqués. Des petites blessures qu’on finit par recoudre.
Et c’est exactement ça qui le rend précieux.
Même quand ça se termine en larmes dans l’auto après une discussion bizarre.
(Been there…)
L’IA ne fait pas peur.
L’évitement relationnel, oui.
L’intelligence artificielle? Franchement, elle me fait pas peur.
Ce qui m’inquiète, par contre, c’est ce qu’elle pourrait anesthésier en nous.
Pas la créativité.
Pas les emplois.
Non : notre capacité à tolérer… l’autre.
L’autre, avec ses silences, ses lenteurs, ses réponses pas comme on espérait.
L’autre, qui pense autrement, qui bug un peu quand on parle trop vite, qui répond pas tout de suite à nos textos.
L’IA, elle, est toujours fluide.
Adaptée. Parfaite.
Et à force d’avoir cette présence constante, douce, parfaitement calibrée à nos besoins…
on finit par perdre patience avec tout ce qui est vivant.
Je le vois déjà.
Dans les couples, dans les amitiés, chez les ados et chez les grands aussi.
Au premier inconfort, on se déconnecte.
Puis on bloque.
Et parfois, on ghoste.
Parce que l’autre ne nous comprend pas toujours.
Parce qu’il n’est pas toujours attentif, pas toujours dispo, pas toujours doux.
Mais c’est ça, être humain.
Le lien réel, il pique. Il gratte. Il s’emmêle.
Il vient avec des zones floues, des silences bizarres, des textos qui restent en « vu » pendant trois jours.
Et aucun robot ne nous prépare à ça.
Les jeunes n’apprennent plus à se chicaner.
Ni à se réconcilier.
Et ça, c’est pas une critique. C’est un constat
On parle souvent des réseaux sociaux — attention, estime de soi, comparaison constante…
Mais on parle rarement de ce qu’ils ont fait à notre manière de nous attacher.
Aujourd’hui, les ados (et nous aussi, soyons honnêtes) apprennent à gérer leurs émotions avec des écrans.
Pas avec des regards. Pas avec des silences inconfortables.
Ils apprennent à se montrer.
Pas à se dire.
Et avec l’IA qui entre dans la danse, ça devient encore plus simple, encore plus doux…
Mais aussi, encore plus unilatéral.
Une IA ne boude pas. Elle ne claque pas de porte.
Surtout, elle ne te confronte pas et ne t’oblige pas à te remettre en question.
Elle ne t’abandonne pas non plus.
Elle te comprend.
Toujours.
Et c’est justement là que ça devient glissant.
Parce qu’à force de goûter à ce lien parfaitement fluide… on en vient à oublier que.
Aimer, ce n’est pas un long fleuve tranquille.
C’est se décevoir. Se réajuster. Se perdre un peu, puis se retrouver.
C’est traverser une tempête sans lâcher la main de l’autre.
Même si on a envie de lui pitcher une assiette.
(oui, je l’ai déjà fait… c’est très libérateur 😏)
C’est aussi, parfois, se chicaner parce qu’il a oublié ton latté.
Et réussir à en rire deux heures plus tard, entre deux bouchées d’une bonne poutine Ashton.
Grandir avec l’IA, sans perdre l’humain.
Je ne veux pas qu’on tape sur la techno.
L’IA est là, elle fait partie du décor.
Et franchement, elle ouvre des portes incroyables.
Mais si on veut pas s’y perdre…
Faudra leur apprendre à se chicaner sans tout casser (my bad).
sans zapper.
sans envoyer douze emojis tristes.
Faudra leur parler du silence. Du regard qui fuit. De l’attente pas claire.
Parce que c’est là, dans ce flou un peu inconfortable, que se construisent la patience, l’empathie, la vraie maturité relationnelle.
On ne devient pas humain en évitant le chaos.
On le devient en le traversant. À tâtons. En se trompant. En recommençant.
Parfois en pleurant, parfois en riant.
Et souvent, les deux en même temps.
Une invitation.
Continue de jaser avec ton IA si ça t’aide, vraiment.
Mais pense à écrire à un ami qui t’a blessé.
Appelle ta mère, même si t’as pas envie.
Reste dans la conversation, même quand l’autre ne te dit pas ce que tu veux entendre.
Doute un peu.
Reviens.
Parce que c’est dans ces zones imparfaites, justement, que que tu deviens quelqu’un de vrai.
Et entre toi et moi…
C’est quand même plus satisfaisant de rire à deux d’une vieille chicane que d’avoir raison toute seule devant un écran, non?
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Féminin par défaut, cœur ouvert par principe.
Parce que mon audience est majoritairement féminine, c’est mon choix de clarté et de proximité avec mon lectorat. L’invitation reste universelle — même si tu ne t’appelles pas Ginette. La porte est grande ouverte. Entre.


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